LIFE IN SONGZHUANG

post-img

Enfant, lorsque que je regardais des Westerns américains, je m’identifiais toujours aux peaux rouges. Quand je prétendais être un espion celui-ci était bien souvent soviétique.
Jeune adulte fraichement installé à Paris, j’eu l’occasion de séjourner une première fois aux Etats-Unis d’Amérique. A cette époque, les différences entre les Etats-Unis et la France étaient beaucoup plus marqués, notamment en terme de culture de masse, musique, cinéma, télévision. Aller écouter un concert d’un groupe encore inconnu en France, ou voir un film six mois, voir un an avant sa diffusion en Europe, étaient des activités récurrentes. Ces différences de contenus et de rythmes culturels aux saveurs de découvertes me firent adorer New York. Je voyais NY comme la grande sœur de Paris. J’eu la chance de pouvoir retourner à NY plusieurs fois, mais la puissance de la machine médiatique Américaine fut telle, qu’avec le temps, la distances entre nos deux continents s’amenuisa effaçant aux passages ces charmantes nuances. Ecouter la même musique dans les bars, voir les mêmes types de programmes télévisés, mon plaisir s’amoindri. Cela n’eut pas qu’un impact sur mon plaisir à voyager outre Atlantique. En effet, travaillant pour la télévision française, cette globalisation culturelle occidentale résonnait dans mon quotidien, au point qu’en 2005, après 18 ans de carrière, je décidais d’arrêter ce métier. Au lieu de réaliser encore et encore des produits standardisés et formatés pour le plus grand nombre, je décidais de me consacrer à mes propres créations. C’est ainsi que je finis par m’affirmer en tant qu’artiste.
En 2009, je fus invité à exposer pour l’ouverture d’un nouveau lieu culturel Sino-Français à Pékin. Mes connaissances concernant la Chine et son histoire étaient pour ainsi dire inexistantes. Bien sûr, je n’ignorais pas que la Chine avait un très long et riche passé historique. Mais, mise à part quelques détails, certes importants, comme l’invention de la roue ou de la calligraphie, quelques personnages historiques, tout aussi importants, tel Confucius ou Lao Tse, mon rapport à la Chine se résumait à des images à mes yeux folkloriques comme les moines Shaolin. En sus de cette inculture, le China Bashing, systématique dans les médias populaires occidentaux, avait réussi à me faire imaginer la Chine et ses habitants uniquement engagés et préoccupés par la consommation de biens matériels. C’est donc armé de ces méconnaissances, et avec un avis négatif et péjoratif que j’acceptais nonchalamment cette invitation. Grand bien m’en pris, 6 ans plus tard je suis toujours en Chine savourant ces différences d’humanités que j’affectionne tant.
Au début dérouté par cet environnement grouillant et chaotique, j’eu la chance de faire de belles rencontres et la faculté de transformer certaines d’entre elles en de sincères amitiés. Ne pas parler Chinois ne fut pas un handicap. Jamais lors de ces grands diners amicaux dont les chinois ont le secret je ne me suis senti seul. Mes hôtes développaient de nombreuses attentions à mon égard, m’assurant ainsi de leur accueil chaleureux. Je découvrait ainsi, non pas un pays mais un peuple; un peuple aux hommes à la masculinité apaisée, aux femmes souvent gracieusement féminines.
Alors bien sûr, je ne suis pas dupe. Cette société de consommation que je cherche à éviter est bien présente en Chine, et ce d’une manière assez radicale. Plusieurs éléments, notamment ma faible capacité à comprendre la langue chinoise, me permettent d’échapper au flot incessant de l’outil phare de cette société de consommation, à savoir la télévision et les grands médias populaires. Mais surtout, vivre à Songzhuang au contact de ses habitants, qu’ils soient artistes ou simples travailleurs, dans un environnement encore isolé et protégé, me donne la chance de partager de véritables expériences humaines.
 
Pourvu que cela dure !!!

 

Laisser un commentaire ou un avis

Message

Nom

Site Web